Vous êtes sur le point de franchir la porte d’une salle de JJB pour la première fois. Vous vous demandez si vous allez vous faire mal, si vous allez être ridicule, si c’est vraiment fait pour vous. Voici ce qui se passe réellement.
Avant d’arriver
Pour votre premier cours, inutile d’investir dans un kimono. La plupart des clubs proposent des kimonos de prêt pour les séances d’essai. Côté tenue, un t-shirt près du corps (évitez les t-shirts larges qui se relèvent) et un short ou legging sans poches ni fermeture éclair suffisent. Le JJB se pratique pieds nus, alors prévoyez des tongs pour vous déplacer hors du tatami.
Arrivez 10 à 15 minutes avant le début du cours. Ça vous laisse le temps de rencontrer le professeur, récupérer un kimono si besoin, et poser vos questions sans être dans la pression du démarrage. Conseil pratique : prévenez le professeur que c’est votre première fois. Il adaptera ses attentes naturellement.
Le déroulé d’un cours type
L’échauffement (15 à 20 minutes)
Le cours commence toujours par un échauffement progressif. Certains mouvements vous paraîtront étranges au début : le shrimping (déplacement hanches-pieds en décubitus), le bridging (pont), les roulades. Ils ont tous un sens en JJB, vous le comprendrez assez vite. Allez à votre rythme. Personne ne vous jugera si vous prenez des pauses : l’échauffement sert à préparer le corps, pas à épuiser les nouveaux.
La technique (30 à 40 minutes)
C’est le cœur du cours. Le professeur montre une ou plusieurs techniques, souvent deux à trois fois, puis explique les points clés. Vous vous mettez par deux pour pratiquer, et il passe voir chaque binôme pour corriger. Votre rôle : écouter, poser des questions si vous ne comprenez pas, et répéter lentement en cherchant à bien faire plutôt que vite. Vous serez probablement jumelé avec quelqu’un d’expérimenté qui saura vous guider, parce que les pratiquants de JJB ont en général une vraie patience avec les débutants.
Le sparring (15 à 30 minutes)
Pour votre premier cours, le sparring n’est pas obligatoire. Si vous souhaitez essayer, vous serez jumelé avec quelqu’un de technique et patient, à intensité très légère. Vous pouvez vous arrêter à tout moment.
Un point important : si votre partenaire applique une soumission et que vous ressentez une gêne, tapez deux fois sur lui, le sol, ou vous-même. C’est le signal universel pour dire « stop, j’abandonne ce round ». Votre partenaire relâchera immédiatement. C’est le fonctionnement normal du JJB, aucune honte à avoir, c’est ce que fait tout le monde à tous les niveaux.
Le retour au calme (5 à 10 minutes)
Étirements, retour à un rythme cardiaque normal. Parfois un mot du professeur sur ce qui s’est passé dans la séance. C’est aussi le moment où les conversations s’engagent naturellement entre pratiquants.
Ce qui vous surprendra physiquement
Le premier cours peut sembler physiquement exigeant, mais pas au sens où vous l’imaginez. On est loin de l’intensité d’un cross-fit. Ce qui surprend, c’est la sollicitation de muscles qu’on n’utilise jamais (les positions au sol chargent beaucoup la ceinture abdominale) et la fatigue mentale. Il faut réfléchir constamment, et le sparring, même lent, reste prenant.
Les courbatures dans les avant-bras et les mains (préhension du kimono), les abdominaux et parfois le cou sont normales et temporaires. Elles disparaissent avec la pratique régulière : ce qui vous épuise au cours 1 devient beaucoup plus gérable dès le cours 3 ou 4.
Côté blessures, les risques graves sont rares pour les débutants. La progression est contrôlée, le tap sécurise les techniques, et les pratiquants expérimentés font attention aux nouveaux. Les petits bobos possibles (doigt de pied coincé, bleu léger sur les coudes, friction du tatami sur les pieds) font partie du lot. Rien de bien méchant.
L’ambiance et les usages
La communauté JJB a une réputation méritée de bienveillance envers les débutants. Chaque ceinture noire est passée par là, a connu les mêmes galères et se fait encore soumettre régulièrement, c’est structurel. L’humilité n’est pas une valeur affichée, elle est enseignée par les faits. Et ça crée une ambiance.
Vous entendrez probablement des termes portugais : oss (marque de respect), obrigado (merci), professor. Pas d’inquiétude si vous ne les connaissez pas. L’essentiel de l’enseignement se fait en français.
Les usages de base : on salue en entrant et sortant du tatami, on porte des tongs en dehors du tapis, kimono propre et ongles courts. Pour aller plus loin sur les usages du dojo, notre article règles de base au dojo couvre l’essentiel.
Les questions qu’on se pose
« Je ne suis pas en forme »
Le JJB s’adapte à tous les niveaux de condition physique. Beaucoup de gens commencent justement pour se remettre en forme, et la pratique régulière l’améliore naturellement. Vous progresserez à votre rythme.
« Je suis trop vieux »
Des pratiquants commencent à 35, 40, 50 ans et plus, régulièrement. La technique prime sur la force brute, ce qui rend ce sport accessible longtemps. Notre article JJB après 40 ans répond à cette question en détail.
« Je vais devoir me battre dès le premier cours »
Non. Le sparring n’est pas obligatoire lors du premier cours. Et si vous décidez d’essayer, ce sera très contrôlé et adapté. Le JJB n’est pas un combat au sens agressif du terme, plutôt un jeu d’échecs physique, une résolution de problème en temps réel.
« Je suis une femme, est-ce que je serai la seule ? »
Ça dépend des clubs, mais la proportion de pratiquantes est en hausse partout. Dans tous les cas, vous serez la bienvenue et respectée. Le JJB est fondamentalement un art martial où la technique compense la différence de force, ce qui en fait un sport particulièrement apprécié des femmes. Si vous avez des appréhensions spécifiques, parlez-en au professeur avant le cours. Et pour aller plus loin : JJB pour les femmes : briser les idées reçues.
Après le premier cours
Si ça vous a plu : renseignez-vous sur les modalités d’inscription, investissez dans un kimono adapté, et revenez régulièrement, idéalement 2 à 3 fois par semaine pour progresser vraiment.
Si vous n’êtes pas sûr, c’est normal. Le premier cours peut être déroutant, parce que tout est nouveau en même temps. Donnez-vous 3 ou 4 cours avant de vous faire un avis définitif. Beaucoup de pratiquants passionnés aujourd’hui ont eu un premier cours « moyen ».
Pour la suite : après un mois, les positions de base commencent à avoir du sens. Après trois mois, le sparring devient un jeu plutôt qu’une épreuve. Après six mois, vous aiderez les nouveaux sans même vous en rendre compte. La progression est lente et régulière, et c’est exactement pour ça qu’elle tient sur la durée.
Articles connexes
Écrit par
-
Au club, le conseil dépend de votre objectif : le kimono pour construire la base, le NoGi si vous visez le MMA. Le kimono ralentit le jeu, facilite l’apprentissage des positions et concepts fondamentaux, et développe une technique solide. Le NoGi est plus difficile pour les débutants car tout va plus vite et les contrôles sont plus difficiles. Le premier cours se fait en tenue de sport ; ajouter le NoGi ensuite enrichit votre jeu.
-
Le premier cours est inconfortable mais rarement douloureux. Vous découvrirez des positions inhabituelles, des muscles sollicités différemment et peut-être un peu d’essoufflement. C’est normal. Les courbatures des 2-3 jours suivants sont fréquentes. Mais il n’y a pas de coups : le JJB est un grappling, pas de la frappe. Vous tapez (abandonnez) dès qu’une soumission est appliquée.
-
Oui ! Votre première séance est gratuite et sans engagement. C’est l’occasion de découvrir l’ambiance, rencontrer les professeurs et tester un cours complet.
Venez simplement avec une tenue de sport et une bouteille d’eau.
-
Absolument ! Nos cours sont ouverts à tous les niveaux. Les professeurs adaptent les exercices et vous accompagnent dans l’apprentissage des fondamentaux. Le sparring est toujours proposé en fonction de votre progression.

Prêt pour votre premier cours ? On vous attend.
Maintenant que vous savez à quoi vous attendre, il ne reste qu’une chose à faire : franchir la porte du tatami.
Chaque ceinture noire que vous croiserez a ressenti la même appréhension avant son premier cours. La différence entre eux et ceux qui n’ont jamais essayé ? Ils sont venus.



