Les différents formats de compétition en jiu-jitsu brésilien

Podium jiu-jitsu brésilien avec trois compétiteurs médaillés

CFJJB, Open JJB et ne-waza de France Judo, IBJJF, ADCC : les circuits de compétition de JJB, leurs règlements et leurs publics, et comment choisir sa première compétition.

Vous avez quelques mois de pratique derrière vous et l’envie de vous tester face à des partenaires que vous ne connaissez pas ? La compétition est un bon moyen de le faire. Encore faut-il s’y retrouver : plusieurs circuits coexistent en France, avec des règlements, des catégories et des publics différents. Ce guide fait le tour de ce qui existe, et de ce qui change d’un format à l’autre.

Comment se gagne un combat

Le but d’un combat de JJB est la soumission. Un abandon arrête le combat sur-le-champ, quel que soit le score. Si personne n’a abandonné à la fin du temps, le vainqueur se décide dans cet ordre :

  1. les points, marqués en tenant une position au moins 3 secondes ;
  2. les avantages, accordés pour une position presque obtenue ou une tentative de soumission dangereuse ;
  3. les pénalités : le moins pénalisé l’emporte ;
  4. la décision de l’arbitre, qui désigne le plus offensif.

Le barème de l’IBJJF, repris par la plupart des tournois de JJB en France, donne 4 points pour la montée et le contrôle du dos, 3 points pour le passage de garde, 2 points pour la projection, le renversement et le genou poitrine. Sortir d’une mauvaise position ne rapporte rien. Le détail est dans notre article sur le système de points.


Les circuits en France

La CFJJB

La Confédération française de jiu-jitsu brésilien (CFJJB) organise une grande partie des tournois de JJB en France, en kimono comme en NoGi, jusqu’aux championnats de France. Elle applique le règlement de l’IBJJF, avec une liste de techniques autorisées qui s’élargit avec la ceinture : voir les techniques interdites en compétition.

Les combattants sont répartis par ceinture, par âge et par poids, pour affronter des adversaires de niveau et de gabarit comparables. Les vainqueurs de catégorie peuvent ensuite disputer l’absolute, la catégorie toutes catégories de poids confondues, ouverte d’office à toutes les ceintures noires adultes. Il n’y a pas d’absolute pour les ceintures blanches adultes ni pour les mineurs. Le jour de la compétition, il faut être présent 90 minutes avant l’horaire de sa catégorie, avec un certificat médical de moins d’un an et une pièce d’identité.

Pour ses meilleures ceintures noires, la CFJJB organise aussi la Pro League, un événement sur invitation. Depuis 2021, une convention lie la CFJJB à France Judo.

L’Open JJB de France Judo

La Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées (FFJDA, ou France Judo) détient la délégation ministérielle pour le jiu-jitsu brésilien. Elle organise son propre circuit Open de JJB, ouvert à tous, licenciés de la fédération ou non.

Ce circuit applique le règlement de l’IBJJF. Les combats durent 5 minutes pour tout le monde, les catégories se font par ceinture, âge et poids, et la pesée a lieu une heure avant la compétition, sans tolérance. Des absolutes réunissent les podiums de chaque ceinture. Les Opens régionaux mènent à un championnat de France Open JJB en fin de saison. Le circuit a démarré en kimono uniquement.

Les dates des étapes sont dans notre calendrier des événements, et le détail des catégories dans notre article sur les catégories de poids et d’âge.

Le ne-waza de France Judo

France Judo organise aussi des compétitions de ne-waza, le combat au sol de style brésilien, sous le règlement de la Fédération internationale de ju-jitsu (JJIF). C’est la filière qui mène aux sélections en équipe de France et aux championnats d’Europe et du monde de la JJIF, en kimono comme en NoGi. Les combattants sont classés par âge et par poids, sans séparation par ceinture, et certaines compétitions exigent au minimum la ceinture verte de judo-jujitsu. Le règlement JJIF diffère de celui de l’IBJJF, notamment sur le barème et les techniques autorisées : mieux vaut le lire avant de s’inscrire.

Le grappling de la FFLDA

La Fédération française de lutte et disciplines associées (FFLDA) organise enfin des compétitions de grappling, avec et sans kimono. Elles attirent surtout des lutteurs et des pratiquants de MMA, et suivent leur propre règlement. Pour ce qui distingue le grappling du JJB, voir notre article sur le grappling.


Les circuits internationaux

L’IBJJF

L’International Brazilian Jiu-Jitsu Federation (IBJJF) organise des Opens dans le monde entier, dont un à Paris chaque automne, et quatre grands championnats : le Championnat du monde, le Pan-américain, le Championnat d’Europe, le plus souvent à Lisbonne, et le championnat du Brésil. Elle a aussi ses championnats NoGi.

Pour participer, il faut une licence IBJJF annuelle, une académie et un professeur enregistrés auprès de la fédération. Pour un Européen, un Open en Europe reste abordable. Un Championnat du monde aux États-Unis coûte surtout en voyage et en hébergement.

L’ADCC

L’Abu Dhabi Combat Club (ADCC) organise, tous les deux ans depuis 1998, le championnat du monde de grappling sans kimono le plus réputé. On n’y s’inscrit pas : on s’y qualifie, par des tournois de sélection très disputés, ou on y est invité. Les Opens ADCC, eux, sont ouverts à tous.

Le règlement ADCC est particulier. Pendant la première moitié du combat, aucun point positif n’est accordé, ce qui pousse à chercher la soumission tout de suite. Ensuite, la montée et le genou poitrine valent 2 points, le passage de garde et le contrôle du dos avec les crochets 3 points. Une projection ou un renversement vaut 2 points, et 4 points s’il se termine directement en contrôle latéral.


Points ou soumission seule

La plupart des compétitions de JJB suivent le format à points décrit plus haut. Il récompense la progression vers la soumission, et permet de départager deux combattants que personne n’a réussi à finir.

Le format submission only, la soumission seule, supprime les points. On gagne par abandon, sinon le combat se termine par un match nul ou une décision de l’arbitre, selon l’organisateur. Les combats y sont souvent plus longs. Ses partisans y voient un JJB plus proche de son but. Ses détracteurs notent qu’il peut aussi donner des combats très fermés, où personne ne prend de risque. L’ADCC, avec ses points en seconde moitié de combat, se situe entre les deux.


Choisir sa première compétition

Il n’y a pas de délai idéal. Au club, on s’inscrit quand on se sent prêt, après en avoir parlé avec son professeur. Quelques repères aident à bien commencer :

  • choisir un Open régional proche, pour limiter la fatigue et le stress du déplacement ;
  • commencer en kimono ou en NoGi selon sa pratique habituelle, pas selon le calendrier ;
  • lire le règlement de l’organisateur, surtout la liste des techniques autorisées pour sa ceinture ;
  • préparer le poids sans régime de dernière minute : voir pourquoi le weight cutting est dangereux.

Les compétiteurs du club font surtout de la compétition sur le circuit de France Judo, Open JJB et ne-waza, et sur celui de la CFJJB. Pour la préparation elle-même, voir préparer une compétition. Et pour comprendre ce qu’une compétition coûte à un club associatif, voir pourquoi votre club perd de l’argent en vous emmenant en compétition.


Conclusion

La compétition est un outil, pas une fin en soi. Elle permet de tester sa technique sous pression, de mesurer ses progrès et de rencontrer d’autres jujiteiros. En France, le choix est large : les Opens de France Judo et de la CFJJB pour la plupart des compétiteurs, le ne-waza pour qui vise l’équipe de France, l’IBJJF et l’ADCC pour l’international. Le bon circuit est celui qui correspond à vos objectifs, à votre niveau et à votre budget.


Sources


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